Les Attac d'Europe réunis à Fribourg proposent des alternatives au chaos financier

A Fribourg (Allemagne), plus de 1300 militants des Attac d'Europe sont réunis pour passer au crible l'état catastrophique de la finance mondiale et travailler à la formulation d'alternatives.

 

«Il ne sert à rien de dire “on vous avait prévenus”  - quoique ce soit vrai. L'important est de proposer des mesures concrètes pour que les peuples et la planète aient enfin la priorité sur les profits scandaleux d'une minorité. Nos propositions sont crédibles et seront efficaces si nous parvenons à les imposer», déclare Susan George, présidente d'honneur d'Attac France.

 

Selon Hugo Braun, d'Attac Allemagne, l'un des organisateurs de l'évènement, «pendant plus de 10 ans les politiques ont ignoré nos revendications pour un contrôle démocratique des marchés financiers. Même s'il y a des débats actuellement pour une meilleure régulation financière, la mise en place effective d'une taxe sur les transactions financières et d'autres outils régulateurs est encore éloignée. Malgré les beaux discours du G20, les réformes prises depuis 2008 sont timides et la plupart restent à mettre en oeuvre».

La panique a gagné à nouveau les marchés financiers suite à la dépréciation de la note des Etats-Unis par les agences de notation. Pourtant  les niveaux insoutenables de la dette américaine ou europénne sont notoires depuis longtemps: le krach n'est qu'une nouvelle preuve de l'irrationalité des marchés. Les rumeurs d'une dégradation de la note de la France ont ensuite aggravé la spéculation.

«Nous disons aux citoyens: ne soyez plus spectateurs, devenez acteurs ! Rejoignez les mouvements qui construisent des alternatives à la crise et agissent pour un monde meilleur ! La mobilisation est la meilleure manière de permettre que chacun vive une vie décente dans une société soutenable», conclut Cristina Asensi, membre d'Attac Espagne et du mouvement des Indignés. 

Attac exige:

  • L'introduction immédiate d'une taxe sur les transactions financières pour bloquer la spéculation;
  • L'interdiction immédiate et définitive des armes de spéculation massive, à commencer par la vente à découvert et les CDS.
  • La fin des sauvetages sans conditions: les banques renflouées devront être nationalisées et placées sous contrôle démocratique. Elles seront au service des besoins sociaux, pas des actionnaires privés. 
  • Toutes les institutions financières «trop grosses pour faire faillite» doivent être découpées en banques à taille humaine ;
  • Non aux mesures d'austérité, oui à de nouvelles recettes publiques. Les services et investissements publics doivent être rénovés et développés. Les mesures fiscales doivent viser à la fois la redistribution des richesses et l'augmentation des recettes.
  • La dette publique doit faire l'objet d'un audit citoyen; la dette illégitime doit être annulée
  • La Banque centrale européenne doit être mise sous contrôle démocratique. Il faut réviser son mandat de façon à lui permettre le financement direct des Etats membres de la zone euro.

Communiqué de presse du réseau européen des Attac
Fribourg, Allemagne, 12 août 2011

Economie

Il faut en finir avec la dictature des marchés financiers

lundi 8 août 2011

 

Les marchés financiers sont de nouveau secoués. Cette fois-ci la cause en est la dégradation de la note par l’agence de notation Standard & Poor’s des obligations émises par l’Etat américain.

 

Après les mêmes pratiques récentes sur des Etats européens, une agence de notation se permet de risquer de fortes secousses avec des conséquences qui peuvent être lourdes sur l’économie réelle, la croissance, l’emploi, les salaires …

 

Une fois de plus, des officines privées se permettent de juger et de tenter de changer, par pressions des marchés financiers, la politique économique de pays (dont aujourd’hui celle des Etats-Unis, première économie mondiale) vers toujours plus d’austérité. Elles s’arrogent un rôle qui doit être celui des Etats sous contrôle démocratique de leurs citoyens. Pour le moment tétanisés par leur incapacité à réguler la finance, les Etats s’y soumettent, au lieu de s’appuyer sur les exigences des peuples.

 

Ce nouvel épisode met en évidence le bien-fondé d’une exigence forte qui prend partout dans le monde : il faut mettre fin à la dictature des marchés financiers pour dynamiser l’économie, créer des emplois stables, augmenter les salaires et soutenir l’investissement productif. Valérie Pécresse, ministre du Budget, annonce : « La France sera au rendez-vous de la réduction de son déficit cette année et l’année prochaine ».

 

De tels propos, visant à donner des gages aux marchés financiers, témoignent du fait que nos responsables politiques ne veulent pas admettre que les politiques de sauvetage des marchés financiers, mises en place depuis trois ans, sont contre-productives et en opposition à l’intérêt général.

Les programmes d’austérité exigés par les marchés financiers conduisent à la hausse du chômage et de la précarité, pèsent sur les salaires, les pensions et les minima sociaux, donc sur le pouvoir d’achat, et affaiblissent le potentiel de croissance économique.

On ne peut pas sortir de cette crise en donnant encore et toujours plus de gages aux marchés financiers : les « plans de sauvetage » se multiplient et à chaque fois la somme d’argent nécessaire pour sauver les financiers augmente. Cet argent aurait pu, et doit, être mobilisé au service de l’emploi et de l’investissement productif.

 

Pour sortir de cette crise, il faut remonter à la source : il faut revaloriser le travail.

 

Il faut créer des emplois qualifiés et stables, augmenter les salaires, dynamiser l’investissement productif.

 

Il faut mettre fin aux programmes d’austérité. Au lieu de réduire les moyens des services publics et geler les traitements dans la fonction publique, ce que fait le gouvernement, il faut augmenter les dépenses utiles comme celles de l’éducation, de la santé et des infrastructures.

 

Il faut en revanche supprimer les niches fiscales et sociales inutiles, augmenter l’impôt sur les hauts revenus et taxer les transactions financières.

 

Il faut, enfin, stopper les capacités de manœuvre et de nuisances de la sphère financière et spéculative au profit d’une capacité de décisions de l’économie réelle sous contrôle démocratique.

 

La CGT porte ces exigences et appelle à porter d’autres choix pour une autre répartition des richesses par la mobilisation des salariés, retraités et privés d’emploi notamment par une journée d’action interprofessionnelle à la rentrée.

Montreuil, le 8 août 2011

Article du monde diplomatique

Un pays peut-il faire faillite ?

 

« Nous ne paierons pas votre crise. » Les banderoles déployées fin février à Athènes, où se succèdent les grèves contre les plans d’austérité, n’auraient pas déparé en Islande, dont la population fulmine à l’idée de rembourser les dettes pharaoniques héritées de l’effondrement bancaire. Ni dans les mains des manifestants espagnols protestant contre le report de l’âge de départ à la retraite. Ni dans celles des millions de travailleurs privés d’emplois depuis le début de la récession économique. Prônant la « stabilisation » des dépenses sociales, le Fonds monétaire international (FMI) a averti : l’assainissement, en Europe, « sera extrêmement douloureux ».

Par Laurent Cordonnier

Contrairement à un ménage ou à une entreprise, un Etat placé dans l’incapacité ultime de payer ses dettes... ne les paye plus, sans disparaître pour autant du registre du commerce ou de la surface de la terre, c’est-à-dire sans être contraint à la liquidation de son patrimoine pour rembourser ses créanciers. Dans le cas d’un ménage, la faillite se solde par une liquidation : vente du manoir et de l’argenterie de famille pour payer comme il se peut les derniers salaires dus aux domestiques et les ardoises laissées chez le traiteur, le notaire ou le banquier — nous laissons au lecteur le soin de transposer à un ménage vivant sous le seuil de pauvreté. Dans le cas d’une entreprise, on vend (tant bien que mal) les machines, les immeubles, les brevets, le parc automobile, etc., pour régler (plutôt mal que bien) les fournisseurs, les banquiers, les autres prêteurs et les employés qui patientent avec leurs salaires restés en souffrance.

 

A la différence d’une entreprise en difficulté, qui ne peut guère tenter de se « refaire » en augmentant ses prix au moment où ses clients la quittent, et qui n’a pas toujours la possibilité de réduire ses coûts (passé un certain seuil), l’Etat dispose de moyens politiques pour conjurer le scénario-catastrophe d’un défaut de paiement, en augmentant ses recettes ou en comprimant ses dépenses. Côté recettes, il lui suffirait pour tenter de « se refaire » d’augmenter les impôts, en « visant juste » (lire « L’urgence du contre-choc »). C’est-à-dire en faisant porter les nouveaux prélèvements sur les catégories sociales les plus aisées, celles qui épargnent le plus (1) — l’opération aurait donc un faible impact sur les dépenses de consommation — et qui sont de facto les créanciers de l’Etat.

 

La ponction équivaudrait en pratique à supprimer cette sorte de droit censitaire de l’ère néolibérale qui revient à laisser le libre choix aux classes aisées concernant l’affectation de leur surplus de revenus non consommable : soit le destiner au paiement de l’impôt, soit le placer à rente pour financer la dette publique que leur renoncement au premier terme de l’alternative rend ipso facto nécessaire. Il suffit de formuler les choses ainsi pour anticiper que le relèvement des impôts sur les classes aisées sera toujours l’option repoussée aux dernières extrémités par les gouvernants européens.

 

Une fois exclu le volet recettes, si l’on renonce à relever l’impôt, l’Etat conserve la possibilité de tailler à la hache dans les dépenses publiques (et forcément dans la production de services collectifs) en réduisant les salaires, les retraites et le nombre des fonctionnaires, ou les commandes publiques. On en prend le chemin. Mais cela ne fera sûrement pas l’appoint. Par exemple, le non-remplacement en France d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite fait économiser à l’Etat 500 millions d’euros par an... à comparer aux 3 milliards d’euros de baisse de TVA accordée au secteur de la restauration (en année pleine), ou encore aux 25 milliards d’exonération de cotisations patronales que l’Etat doit (théoriquement...) compenser à la Sécurité sociale.

L’hypothèse d’un défaut de paiement des dettes publiques ne constitue plus un scénario totalement impossible

 

Si, en plus de ces cadeaux fiscaux, le produit de l’impôt continue de plafonner à cause d’une croissance médiocre, entretenue par un régime financier et globalisé profondément dépressionnaire, l’hypothèse d’un défaut de paiement des dettes publiques — pas seulement celle de la Grèce, mais aussi celles de l’Espagne, du Portugal, de l’Italie, de la France, du Royaume-Uni, du Japon ou des Etats-Unis — ne constitue plus un scénario totalement impossible. D’autant que, en la matière, ce n’est pas un examen rationnel de la situation financière de chaque Etat qui fera la loi mais bien plutôt l’idée que les prêteurs et les spéculateurs se font eux-mêmes de la situation.

Or dès que ces acteurs s’entichent de la plausibilité d’un scénario-catastrophe (rien ne les délecte plus que les tendances permettant de faire des paris), ils déclenchent les mouvements de vente ou d’achat qui font advenir la tendance, haussière ou baissière, sur laquelle sont basés leurs paris.

De ce fait, la hausse des taux d’intérêt sur les dettes publiques (ce qu’on appelle le « crash obligataire ») résulte largement d’une prophétie autoréalisatrice dont la conséquence tangible confirme leurs paris initiaux.

 

Pour les Etats, le moment précis où le seuil d’endettement et la charge critique des intérêts paraîtront atteints, ou au contraire sembleront évités, par l’effet boule de neige combinant le cumul des déficits et le relèvement des taux d’intérêt exigés, ne figure évidemment pas dans les manuels d’économie. Il dépend du seuil de tolérance social et politique qui permet de voir détruites sans réaction les capacités productives de l’Etat au bénéfice du paiement des intérêts privés de la dette. Avant que la coupe ne déborde, cela peut parfois prendre un « certain temps », selon le théorème de Fernand Raynaud. Mais jusqu’à quand ?

 

Une fois le seuil atteint, le défaut de paiement n’est plus très loin. Hormis un renflouement d’urgence du Fonds monétaire international (FMI) — ce qui serait une « humiliation », selon M. Jean-Claude Trichet, président de la Banque centrale européenne (BCE), évoquant le cas de la Grèce —, il ne reste plus que la possibilité d’un financement par création monétaire. L’économiste postkeynésien américain Thomas Palley suggère que la BCE devrait se doter d’un système de droits à refinancement monétaire d’une partie des dettes publiques. Ces droits à emprunter auprès de la BCE — de la monnaie créée à cette occasion — seraient octroyés aux pays de la zone euro sur la base de quotas annuels tenant compte de l’importance de chaque pays et de sa conjoncture (2). Cela créerait une sorte de « stabilisateur automatique ». En leur prêtant de l’argent à bas coût, l’institut dirigé par M. Jean-Claude Trichet agirait ainsi avec les Etats comme il le fit pour renflouer les banques en 2008 et 2009.

Une très modeste contribution de la finance à la réparation de ses propres dégâts

 

L’inconvénient de cette proposition (pourtant pertinente sur le fond) tient à ce que les statuts de la BCE ont précisément été conçus pour lui interdire de refinancer directement les Etats membres, afin de prévenir toute dérive budgétaire jugée « laxiste » — mais, là comme ailleurs, la méthode paraît manquer d’efficacité...

 

Il y a sûrement une autre piste. Sans vouloir usurper le rôle de conseiller du grand vizir, tenu avec profit par Goldman Sachs (3), les Etats européens pourraient obliger les banques exerçant sur leur territoire à refinancer les pays en difficulté. A mesure que les titres de dette arriveraient à échéance, elles seraient obligées de souscrire aux titres nouvellement émis. En se substituant aux rentiers trop près de leurs sous, elles feraient crédit à ces Etats sur la base d’un taux d’intérêt plafonné. Au fond, cet emprunt contraint ne ferait que forcer l’âne à boire un peu au-delà de sa soif — et de l’eau un peu plus salée, il faut en convenir.

 

Les institutions monétaires et financières de la zone euro détiennent déjà 1 000 milliards d’euros d’encours de prêts, sous forme de crédits faits aux collectivités publiques (Etats, régions, établissements publics, etc.) et 1 500 milliards sous forme d’acquisition de titres. Soit huit à dix fois le montant total de la dette publique grecque (4). Les établissements financiers, d’ordinaire avides de titres d’Etat autrefois réputés sans risques — autrefois, c’est-à-dire avant que les banques elles-mêmes ne fassent courir tous les risques à l’économie et aux Etats —, recevraient de la sorte la monnaie de leur pièce.

Réticence des rentiers face à la perspective de leur propre euthanasie

 

Au-delà de cette facilité, cette façon de faire présenterait plusieurs avantages. Elle permettrait à la BCE de camper sur son quant-à-soi, en ne se portant pas directement prêteuse, alors que la solution reviendrait finalement quelque part à cela. Car les banques, forcées d’acheter de la dette grecque ou autre, devraient se refinancer en partie auprès de la BCE en lui livrant en contrepartie des titres bien notés... parmi lesquels des titres de dette d’Etats membres de la zone euro, qu’elles possèdent déjà et qui sont régulièrement admis au refinancement par l’institut de Francfort (5) ? Rien d’impossible, donc, à tout cela.

 

Le deuxième mérite de la proposition est qu’elle instaurerait une sorte de réciprocité entre les banques et les Etats : ces derniers étant intervenus massivement pour sauver les premières, celles-ci auraient maintenant l’occasion de se montrer reconnaissantes en se portant à leur tour au secours des Etats (pour qui aime les fables morales...). Enfin, l’opération n’étant pas sans frais pour les banques, elle retournerait une partie de la facture de la crise financière à ses commanditaires. Sans forcer l’addition, d’ailleurs. Car si, comme l’admet le consensus des économistes, la crise financière explique la moitié du creusement des déficits publics (via le ralentissement de l’activité économique et les pertes de recettes fiscales qui s’ensuivent), le plafonnement des intérêts perçus par les banques serait une très modeste contribution de la finance à la réparation de ses propres dégâts.

 

Mais une telle mesure (qu’il faut raisonnablement situer à l’extrême centre droit de l’échiquier politique) aurait en définitive peu de chances d’aboutir, pour une foule de raisons assez éloignées de la logique économique : procédé jugé inflationniste et donc incompatible avec l’orthodoxie monétaire ambiante ; réticence des rentiers face à la perspective de leur propre euthanasie ; divergences d’intérêts entre les pays du nord et du sud de l’Europe, etc.

 

L’ultime phase pourrait alors être envisagée : celle de la répudiation de la dette. Les Etats se trouvant dans l’impossibilité de se financer, même à des conditions indécentes, ont ultimement le loisir de décider de se débarrasser d’une partie du fardeau, sans pour autant cesser d’être des Etats. L’ampleur du rabais peut alors être négociée avec les prêteurs (mais qui sont-ils et où sont-ils ?) ou imposée, soit sous la forme d’un abattement sur le montant nominal des titres de dette parvenus à échéance, soit encore en suspendant pendant quelques semestres (et sans espoir de rattrapage) le versement des intérêts dus. On conseillerait cependant, et volontiers, une fois parvenu à cette extrémité, de ne pas jouer « petit bras », et de répudier totalement la dette. Car quelle que soit l’ampleur du rabotage, il vaudra à son auteur la même réputation durable de mauvais payeur. Et comme la partie ne se rejoue pas cent fois, autant que ce soit pour un maximum de bienfaits.

 

En supprimant d’un coup sa dette, un Etat au bord de l’asphyxie retrouve immédiatement un bol d’oxygène conséquent, correspondant au montant annuel des intérêts versés à ses créanciers. C’est-à-dire presque de quoi reprendre une vie normale, si l’économie réalisée est à la hauteur de son déficit courant (6). Pour les prêteurs, le moment serait certes dur à passer : il consisterait en effet à payer d’une seule traite le montant des arriérés d’impôt qu’ils ont accumulés depuis vingt ans en préférant des gouvernements qui s’endettent auprès d’eux plutôt que des gouvernements qui lèvent l’impôt sur eux.

Laurent Cordonnier.

Economiste, auteur de L’Economie des Toambapiks et de Pas de pitié pour les gueux, Raisons d’agir, Paris, respectivement 2010 et 2000.

 

 

(1) En 2003, les 20 % des ménages les plus riches, en France, épargnaient un tiers de leurs revenus, contre moins de 10 %pour l’ensemble des autres ménages. Source : « Comptes nationaux », Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), Paris, 2009 ; www.insee.fr

(2) « Euroland is being crucified upon its own cross of gold », par Thomas Palley, Financial Times Economists’ Forum, ft.com/economistsfor­um, 10 février 2010.

(3) La banque d’affaires aurait joué sur trois tableaux : en aidant l’Etat grec à habiller la présentation de sa dette pour la faire coïncider avec les exigences européennes ; en conseillant Athènes sur les moyens de financer sa dette (explorant la piste chinoise… un bon moyen de signifier que la situation est désespérée) ; en prenant simultanément position à la hausse sur les contrats de risques de défaut (CDS) de la dette grecque. Face, je gagne, pile, tu perds !

(4) ECB Monthly Bulletin, Banque centrale européenne, Francfort sur-le-Main, janvier 2010.

(5) La BCE détenait pour 333 milliards de titres publics en décembre 2009 ; ECB Monthly Bulletin, janvier 2010.

(6) Selon une étude citée par CFO-news du 12 février 2010 (www.cfo-news.com), si les taux d’intérêt de la dette grecque grimpaient jusqu’à 8 %, et la dette elle-même jusqu’à 140 % du produit intérieur brut (PIB), la charge des intérêts en viendrait à représenter 9 % du PIB... soit bien plus que l’ampleur du déficit annuel sur lequel la Grèce peut tabler, une fois effacé le creux de la récession. Quel Etat pourrait renoncer à gagner 9 % du PIB sur son budget annuel et, du même coup, à redevenir en un tour de main un modèle de vertu budgétaire ? Réponse : un Etat néolibéral.

 

Economiste, auteur de L’Economie des Toambapiks et de Pas de pitié pour les gueux, Raisons d’agir, Paris, respectivement 2010 et 2000.

 

Syndicalisme

Le fichage ADN des syndicalistes est invalide

mercredi 29 juin 2011

 

Après la condamnation symbolique de Philippe GALANO, ancien délégué syndical des Autoroutes du Sud de la France, le tribunal de Compiègne a relaxé Xavier MATHIEU, militant de la CGT Continental.

 

Ils avaient refusé de se soumettre à des prélèvements ADN, applicables depuis 2003 à la plupart des infractions y compris celles commises dans le cadre de conflits syndicaux.

 

Dans leurs attendus les juges considèrent que des syndicalistes qui défendent leurs emplois ne peuvent figurer sur un tel fichier car ne pouvant pas être assimilés à des délinquants.

 

Cela confirme le bien fondé de notre opposition constante à cette loi. Cela encourage toutes les organisations de la CGT à continuer d’agir contre la criminalisation de l’action collective et la défense des droits fondamentaux des salariés. L’action syndicale est légale et légitime.

 

La CGT réitère sa demande d’abrogation immédiate des dispositions sur le fichage des syndicalistes et le retrait de ceux-ci des fichiers ADN existants.

 

Montreuil, le 29 juin 2011

Les services publics ont pour objectif la réponse aux besoins individuels et collectifs en vue d’assurer le plein exercice des droits fondamentaux (1).

Leur périmètre et leur définition doivent donc intégrer une étude précise et évolutive des modes
de vie. C’est particulièrement indispensable dans une période où l’organisation du travail, l’articulation
entre vie professionnelle et vie personnelle (les temps sociaux) évolue fortement :


• le temps passé au travail évolue. De plus en plus fréquemment, sous l’influence des aspirations individuelles ou collectives, des nouvelles technologies ou d’une volonté d’organiser autrement la production, l’articulation entre vies professionnelle et personnelle devient plus floue et perméable. La prise en charge syndicale de cet état de fait est complexe, car cette perméabilité est source de souffrance pour certains salariés, et au contraire une aspiration pour d’autres, en fonction de l’âge, du type de métier, ou des conditions de vie. Syndicalement, nous devons d’abord vérifier quelles sont les conséquences de ces nouveaux modes d’organisation sur les relations sociales, et singulièrement pour l’organisation collective des salariés.

 

L’enjeu est donc d’examiner :

1. si les « choix » correspondent à une réelle aspiration ou à une solution « individuelle » trouvée aux carences de la société dans son ensemble,

2. si l’aspiration à mener front une vie professionnelle, familiale, sociale, syndicale … est si nouvelle ? Les familistères fin 19e, les villes usines du 20e siècle permettaient en un même lieu l’exercice de ces
différentes facettes d’une vie sociale, source d’une réelle émancipation.

Toute la complexité tient dans notre capacité à gérer la mutation de cette organisation « spatiale » vers une organisation guidée par le « temporel »,

3. au final, dans cette mutation, quels services publics permettront un réel progrès social pour l’individu comme pour le groupe ;


• le développement des villes, l’accroissement des temps de transport, l’accélération des temps et modes de production modifient en profondeur les conditions de travail et de vie. L’urbanisation peut être
source de souffrance, comme en témoigne le développement de pathologies liées à l’exclusion, le surmenage ou encore la précarité. Cette problématique intéresse, sous l’angle des services publics, l’organisation syndicale à plusieurs titres :


1. quelle est l’organisation territoriale la plus à même de permettre une organisation sociale épanouissante ?

 

2. l’organisation des services publics correspond- elle aux enjeux actuels ?

Ne faut-il pas réfléchir au développement, voire à la création, de services publics veillant à limiter les effets négatifs d’une vie accélérée ?

 

3. comment se saisit-on des opportunités pour porter des propositions visant à améliorer conditions de vie et de travail ? Revendiquer et investir les Plans de déplacements d’entreprises, de zones d’activités,
les plans de déplacements urbains, exiger des ARS une organisation de la santé répondant besoins identifiés sur le territoire et non à des objectifs comptables, exiger que les choix d’implantation des entreprises ou d’organisation territoriale intègre en premier lieu


Service public et mode de vie

Campagne « Des services publics pour le progrès social »

Thème n° 1 : Service public et développement humain durable
(1) Liste des droits : droit à l’éducation et à la formation, à la santé, à un emploi décent, à la justice et à la sécurité, au logement, aux transports, à l’énergie et à l’eau, à la culture, à l’information et à la communication.

 

2 l’identification des conséquences pour les salariés et donc l’organisation adéquate des services publics, … sont autant de pistes, il en existe bien d’autres !

 

• la CGT revendique que l’égalité femmes/hommes devienne une réalité. Les femmes sont les premières à subir temps part i e l contraint, horaires décalés, retrait du marché du travail. Ces choix se font le plus souvent par défaut : modes d’accueil des enfants insuffisants ou inexistants, transports inadaptés, articulation difficile entre vie familiale et vie professionnelle, … conditionnent des choix pour le moins contraints !

Les services publics doivent être organisés pour permettre le retour à l’emploi auquel aspire la plupart d’entre elles. Plusieurs pistes méritent d’être explorées :

 

1. comment réfléchit-on la prise en charge de la petite enfance (voir développement du Service Public de la pet i te enfance) ?

Comment des rythmes scolaires répondant aux besoins des jeunes vontils s’harmoniser avec les services d’accueil et les contraintes professionnelles des parents ?

 

2. quel service public créé pour la prise en charge des personnes perdant leur autonomie ? (nous
savons que les politiques de soins et de la fourniturede services de soins en faveur des personnes à charge sont également liées à l’accomplissement de l’égalité Femmes/hommes.

 

Le manque de services de soin accessibles, abordables et de qualité pose et va poser des problèmes
très similaires aux femmes du fait que ce travail de soins est en grande majorité accompli par les femmes bénévolement ou dans des relations professionnelles informelles) ;

 

3. adapter l’organisation des services publics aux lieux d’habitation, de travail ou intermédiaires;

 

4. la responsabilité sociale de l’entreprise ne s’arrête pas aux murs de celle-ci.

Ne faut-il pas que les temps ou l’organisation du travail permettent l’exercice d’une vie sociale ou citoyenne ? Est-il juste de pointer une amplitude d’ouverture insuffisante des services publics ?

Ne faut-il pas renverser la question et intégrer ces paramètres dans l’organisation de l’entreprise ? Il
s’agirait alors de convaincre ses dirigeants qu’ils ont tout intérêt à militer pour une organisation des services publics qui satisfasse aussi les intérêts de l’entreprise par une amélioration des conditions de vie et donc de travail de ses salariés.

 

À noter que les difficultés rencontrées par les entreprises pour recruter sur certains emplois les conduisent à proposer des services (logement, communication, transport, garde d’enfants…), mieux
adaptées aux besoins des salariés concernés, ou encore à subventionner les travaux et tâches domestiques. L’idée d’élargir cette possibilité a beaucoup plus de salariés doit s’accompagner d’une
réflexion sur l’organisation, la qualification et au financement de ces services qui, de fait, participent aussi à favoriser une meilleure articulation vie familiale et vie.

Communiqué CGT Fonction publique | Pacte Euro plus, réforme de la constitution française, des projets néfastes qu’il faut combattre

 

Dans la foulée de l’Assemblée Nationale, le Sénat vient d’adopter avec plusieurs amendements le projet de loi constitutionnelle dit « d’équilibre des Finances publiques ». Après une navette parlementaire, les deux assemblées pourraient prochainement être réunies en congrès pour se prononcer à la majorité des 2/3 sur cette modification de la constitution française.

 

Comme le revendique le Ministre du Budget, cette révision « vise à contraindre l’exécutif quel qu’il soit à définir une stratégie de finances publiques précises ».

 

Le Gouvernement de Nicolas Sarkozy, promoteur avant-gardiste des politiques libérales en Europe, entend ainsi mettre en oeuvre les mesures arrêtées par le Conseil Européen du 25 mars dernier, sans même que le Parlement Européen ne se soit prononcé. Ces dernières préconisent l’adoption, par les Etats membres, de « mesures juridiques contraignantes et durables (constitution ou loi cadre) » pour faire respecter les règles européennes qui interdisent de dépasser respectivement 3 % et 60 % de PIB pour les déficits et les dettes publiques.

 

Ce pacte « euro plus » prévoit par ailleurs un contrôle préalable de la Commission européenne sur les lois de finances, avant leur examen par les parlements nationaux, et des pénalités financières pour les Etats qui ne respecteraient pas les critères de convergence. Sont, en outre, prévus un encadrement drastique des salaires et des négociations salariales, le développement de la « fléxisécurité » pour accroitre la productivité, la réduction des charges fiscales sur les entreprises, l’adaptation de l’âge de départ à la retraite à l’espérance de vie, l’encadrement des dépenses de soins et de protection sociale en fonction de la démographie et du niveau d’endettement.

 

Au mépris des principes démocratiques fondamentaux, et sous prétexte de déficits budgétaires et de dettes publiques jugées excessives, tous les gouvernements mais aussi les collectivités territoriales et les organismes de sécurité sociale seraient contraints de pratiquer pendant de nombreuses années des politiques d’austérité. Il s’agit purement et simplement de faire payer aux populations d’Europe le poids d’une crise dont elles ne sont en rien responsables.

 

Avec les systèmes de retraite, la Fonction Publique et les services publics sont principalement visés par ces politiques régressives. Les mesures imposées en France -RGPP, loi Hôpital Patient Santé Territoire, réforme des collectivités, suppressions de dizaines de milliers d’emplois publics, abandon de missions, privatisations, gel des salaires et baisse du pouvoir d’achat- répondent directement à ces injonctions. Des orientations similaires sont appliquées, sous des formes parfois largement aggravées, dans tous les pays de l’Union européenne.

 

A l’occasion du récent congrès d’Athènes, la Confédération Européenne des Syndicats (CES) a considéré que ces choix stratégiques pour l’Europe étaient dangereux et inacceptables ; elle a exigé un changement fondamental de cap pour l’Union européenne.

 

La CES entend développer une campagne syndicale européenne « contre l’austérité, les coupes dans les salaires la sécurité sociale et les services publics et pour une gouvernance économique européenne au service des peuples et non des marchés comprenant une croissance qualitative, le plein emploi et le renforcement du modèle social européens ». Dans le cadre de cette campagne, la CES entend faire du 21 juin prochain une nouvelle étape de la mobilisation.

 

La CGT Fonction Publique s’inscrit pleinement dans cette démarche et elle appelle toutes ses composantes à :


- S’adresser aux Sénateurs et aux Députés pour qu’ils refusent la révision de la Constitution ainsi qu’aux Eurodéputés pour qu’ils combattent le pacte euro plus ;


- Faire du 21 juin une importante journée de mobilisation et d’information en tenant des assemblées générales dans les services sur les enjeux européens et, pour les militants des départements du nord est, en participant à l’euro manifestation de Luxembourg.

Montreuil, le 15 juin 2011

 

La crise économique et sociale enfonce l’Europe du travail dans une situation dramatique : plus de 23 millions de chômeurs, des millions de citoyens fragilisés et précarisés, des situations de pauvreté et d’extrême pauvreté qui se multiplient avec leur lot d’exclusion sociale...


Les gouvernements européens, sous tutelle des marchés financiers qu’ils ont sauvés hier, se voient aujourd’hui reprocher, par les mêmes, leur endettement!

 

Répondant aux injonctions des marchés, le parlement européen entend imposer une nouvelle gouvernance économiquevisant à mettre sous surveillance accrue les budgets nationaux, à durcir les sanctions contre les Etats en cas de déficit « excessif » et à limiter la croissance des dépenses publiques.

 

Parallèlement, les gouvernements européens ont entériné au mois de mars un «pacte pour l’euro» sur proposition deMerkel-Sarkozy, qui vise, entre autres, à accroître la flexibilité du travail, à empêcher les hausses de salaires et à diminuer les dépenses liées à la protection sociale. Il s’agit donc d’un accord de super austérité sur le dos des salariés européens.

 

En France, N. Sarkozy initie une nouvelle réforme pour inscrire dans la constitution l’interdiction des déficits publics. Constitutionnaliser des politiques libérales est un véritable déni de démocratie : d’autres politiques existent !

De plus, les recettes publiques ne seraient pas augmentées. Cette réforme se traduirait donc par une nouvelle cure d’austérité à la grecque pendant qu’une minorité s’enrichit !

En 2009, les patrons français les mieux payés ont empoché chacun l’équivalent de 200 à 350 années de Smic, sans compter leurs multiples avantages en nature. En 2010, les entreprises du CAC 40 ont engrangé des bénéfices en hausse de 80 %, soit 83 milliards d’euros, distribués pour moitié à leurs actionnaires.

 

Loin des repliements identitaires,

pour une Europe au service des peuples,

nous devons agir !



De nombreuses mobilisations et actions de grève ont déjà eu lieu dans plusieurs pays (Allemagne, Belgique, Espagne, France, Grèce, Lettonie, Portugal, Roumanie...) pour exprimer la colère des travailleurs face aux mesures d’austérité qu’on leur impose et aux attaques dont ils sont l’objet.

Le 21 Juin, à la veille du Conseil Européen du 24 juin, la Confédération Européenne des Syndicats appelle les salarié(e)s, partout en Europe, à se mobiliser contre les plans d’austérité et pour imposer d’autres politiques en faveur du progrès social, de l’emploi, des salaires et des retraites.

Stop aux recrutements externes!


Gouvernance: Pourquoi la CGT ne siége-t-elle pas au Comité Emploi de la mairie de Toulouse?

Démocratie participative M. le Maire!

Gouvernance Mairie de Toulouse:

Pourquoi la CGT ne siége-t-elle pas au Comité Emploi?

Jaures...nouvelle gouvernance?

Pourquoi la CGT ne siège-t-elle pas au Comité Emploi?

Repères revendicatifs CGT

Repères revendicatifs de la CGT !

 

- Fiche n° 1 : Normes sociales européennes et internationales
- Fiche n° 2 : Droit à la paix, à la sécurité
- Fiche n° 3 : Égalité d’accès aux droits et non-discrimination
- Fiche n° 4 : Égalité femmes / hommes
- Fiche n° 5 : Le choix du plein emploi solidaire
- Fiche n° 6 : Nouveau statut du travail salarié - Droits individuels et collectifs et transférabilité
- Fiche n° 7 : Garantie de l’emploi, droit à la sécurité sociale professionnelle
- Fiche n° 8 : Insertion sociale et professionnelle
- Fiche n° 9 : Droit à l’indemnisation du chômage
- Fiche n° 10 : Droits des salariés des entreprises sous-traitantes
- Fiche n° 11 : Droits des salariés saisonniers
- Fiche n° 12 : Droit à un salaire
- Fiche n° 13 : Salaire de la, du salarié-e sans qualification
- Fiche n° 14 : Salaire de la, du salarié-e qualifié-e
- Fiche n° 15 : Droit à l’éducation et à la formation professionnelle
- Fiche n° 16 : Temps de travail
- Fiche n° 17 : Droit à la négociation et démocratie sociale
- Fiche n° 18 : Droit et liberté d’intervention, d’expression de la, du salarié-e
- Fiche n° 19 : Droit et liberté de se syndiquer
- Fiche n° 20 : Droit à la représentation collective
- Fiche n° 21 : Droit à la protection sociale
- Fiche n° 22 : Droit à la santé
- Fiche n° 23 : Droit à la retraite
- Fiche n° 24 : Droit à une politique familiale solidaire
- Fiche n° 25 : Démocratie culturelle, droit à l’information et à la communication
- Fiche n° 26 : Droit aux vacances
- Fiche n° 27 : Droit aux pratiques sportives
- Fiche n° 28 : Droit au logement
- Fiche n° 29 : Droit aux transports
- Fiche n° 30 : Droit aux services publics
- Fiche n° 31 : Développement humain durable
- Fiche n° 32 : Responsabilité sociale des entreprises
- Fiche n° 33 : Recherche et développement
- Fiche n° 34 : Droit à la justice fiscale
- Fiche n° 35 : Pôle financier public

 

 

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