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Les différents gouvernements ont fait preuve d'une désinvolture certaine en vantant la courbe des dépenses publiques, notamment celles de collectivités locales. Les prétendants à la présidence de la République n'échappent pas à la règle.

A quand la sincérité et la transparence en matière de finances publiques ?

 

 

Lundi 27 avril, ils ne seront plus que deux, c’est bien la seule certitude. Parmi les grands marqueurs des programmes, certains faisaient de la baisse des dépenses publiques une condition de redressement du pays ; d’autres, à l’inverse, prévoyaient le retour de la croissance grâce à l’investissement public.

 

Quel que soit le choix final, pouvons-nous espérer que la nouvelle mandature sera celle de la transparence et de la sincérité des finances publiques ? En soi, ce serait une révolution.

 

Encombrante liberté d’administration

 

Passons sur le fait que tous les candidats, sans exception, balaient d’un revers de main la bien encombrante liberté d’administration des collectivités ; le boomerang ne manquera pas de leur revenir.

 

Et restons-en aux discours des prétendants, et aux pratiques des précédents gouvernements. Ils sont étonnamment en phase sur la stigmatisation des prétendues dérives des finances locales. Or, rien n’est plus faux, sur le temps long, et comparativement à la trajectoire des finances de l’Etat.

Une démonstration éclatante en a été apportée par le spécialiste des finances publiques Michel Klopfer, lors d’un récent colloque organisé par l’association Dirigeants grandes collectivités.

 

Sur vingt ans, les collectivités n’ont présenté que neuf années de « déficit » (1), sans jamais dépasser 0,5 % du PIB, tandis que l’Etat « réussit » l’exploit d’aligner vingt budgets déficitaires d’affilée.

 

Cabinet Michel Klopfer, présenté le 29 mars 2017 lors du colloque DGC (Dirigeants Grandes Collectivités)

 

Sincérité budgétaire

 

Autre chiffre frappant, signe d’une désinvolture certaine : le gouvernement se gargarise d’avoir fait baisser les dépenses publiques de 6,9 milliards entre 2013 et 2017. Or, cette baisse provient, en totalité, de celle des dotations aux collectivités, les dépenses de l’Etat ayant progressé de 2,5 milliards.

 

Relevant cela, nous n’ignorons pas que la réponse des collectivités n’a pas été complètement exemplaire. La chute de l’investissement public local était peut-être une obligation de court terme. Il n’en va pas de même de la hausse de la fiscalité locale, depuis plus de dix ans.

 

La période 2017-2022 sera-t-elle l’ère de la sincérité budgétaire ?

Tag(s) : #Dossiers

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