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A vos réflexions, messieurs dames...

La mutualisation est le partage par des individus ou groupe d'individus, de biens, de logements, d'équipements (ménagers, outils, moyens informatiques, etc) ou de moyens de transport (1er poste d'émission de gaz à effet de serre dans les ménages en France1) de manière à optimiser l'accès à ces ressources et leur rentabilité (par le partage des coûts, frais d'entretien, assurance, réparation, etc. ) / source Wikipédia.

MUTUALISER, UN CONCEPT…

Éric Sutter (bureau van Dijk) insiste sur le fait que la mutualisation s’inscrit dans une démarche de management. 

Mutualiser n’est pas un concept neuf, nombres d’associations d’entraide, de sociétés coopératives et de mutuelles ont vu le jour dans divers pays, à la fin du XIXe siècle.

Aujourd’hui, de quoi s’agit-il ? Absent des dictionnaires, le mot mutualisation est un néologisme : « mettre en commun à des fins de partage ».

Associé à des mots-clés tels que fédérer, solidariser, partager, il renvoie à différents concepts : partenariat, économies d’échelle, optimisation, gain de temps, projet coopératif, valeur ajoutée, interopérabilité, métadonnées harmonisées, structure de mutualisation, communauté virtuelle, etc.

La mutualisation, c’est une mise en commun des moyens qui répond d’abord à une logique économique.

Mutualiser pour qui, quoi et pourquoi ? Il peut s’agir de partager les frais d’achat d’une ressource (encyclopédie, revue) ou d’un moyen technique (logiciel spécialisé), la charge d’une compétence spécifique. Avant tout, il est important de bien déterminer quels sont les enjeux et les objectifs : rationaliser pour économiser de l’argent, le temps de travail ; bénéficier de compétences accrues, d’outils plus performants, de méthodes, d’une valeur ajoutée plus élevée…

La mutualisation peut être entreprise au sein même d’une structure, être régionale, nationale, internationale et peut concerner toutes sortes de « ressources » (humaines, informationnelles, techniques…). Cela peut être tout ou partie d’un processus : acquisition (achat groupé) ; traitement (catalogage, indexation) ; expertise (personnes ressources) ; produits et services (guichet d’accueil, portail fédérateur, base de données commune, prêt entre bibliothèques, réponse aux questions…). Tous les cas de figure sont envisageable.


ET UNE DÉMARCHE

Vouloir travailler ensemble est une première forme de mutualisation: la mutualisation voulue par l'ensemble des acteurs... 

Cela ne se décrète pas mais se prépare et s’organise. Pour réussir une mutualisation, il faut qu’elle soit ancrée dans la stratégie globale de l’institution, que ce soit en termes de stratégie économique ou de valorisation. Cela entraîne forcément, au sein de l’entreprise, une modification de l’organisation du travail, des habitudes à changer, des peurs à lever, la création d’interdépendances. Mutualiser implique de se poser des questions pour trouver la configuration adaptée à chaque situation, de déterminer ce que l’on veut recevoir et ce que l’on peut apporter, ce qui n’est pas « partageable ».

Quelle démarche pour mutualiser ? Tout en attirant notre attention sur le fait que chaque initiative de mutualisation doit être prospective, Éric Sutter nous propose six étapes : dresser un état des lieux technique et économique ; analyser la nouvelle demande ; déterminer la nouvelle offre à valeur ajoutée, les solutions organisationnelles et techniques ; analyser les traitements, les compétences ; accompagner (en formation) ; manager le changement, promouvoir.

Mutualiser permet de répondre aux exigences de « qualité de service » (réactivité, continuité, simplicité d’accès…), de développer des services à valeur ajoutée (agrégation de contenus, accès à des ressources hétérogènes…) au travers d’un centre commun de ressources, d’une plate-forme IST, d’un portail fédérateur. Il ne faut pas négliger l’investissement dans le temps : la démarche de mutualisation prend du temps…(Source BBF Bulletin des Bibliotheques de France)

Mais une autre forme de mutualisation existe également : la mutualisation contrainte à objectif uniquement économique. Cette mutualisation ne renforce-t-elle pas la spécialisation des services dits mutualisés?

La spécialisation d'un espace engendre l'homogénéisation de celui-ci. Mais à une échelle plus grande, si un ensemble d'espaces voisins se spécialisent chacun dans un domaine particulier, cela provoque au contraire une hétérogénisation de cet ensemble.

La spécialisation est donc un phénomène permettant un gain de productivité important. Aussi elle a subi une évolution dans le temps depuis le début du xxe siècle : d'une seule firme séparant sa chaîne production à un ensemble de firmes séparées dans l'espace produisant un même bien. Elle est l'une des composantes importantes du post-fordisme poussant toujours à la spécialisation des individus, des industries et de l'espace dans un domaine particulier dû à l'exigence de flexibilité. Elle a des conséquences spatiales en concentrant les activités du même type dans un même espace provoquant l'homogénéisation de celui-ci. Et inversement, à une plus grande échelle, elle provoque une hétérogénisation de l'espace quand chacun des ensembles se spécialise dans un domaine précis différent.

 

Le "Faire plus avec moins" ne renforce-t-il pas une vision toujours plus productiviste?

Depuis la révolution industrielle, le progrès technique permet d'accroître la production de façon considérable. Or dès lors que celui-ci est universellement considéré comme une fin en soi, il est sacralisé2 et cette sacralisation fait que tout système économique est intrinsèquement un système productiviste. Ainsi, avant même la destruction du mur de Berlin, le productivisme a été accepté par l'ensemble des acteurs politiques, aussi bien dans les pays communistes que dans les pays occidentaux, acquis au capitalisme. Partout sur le globe, une immensité d'individus ont vécu l'accroissement de la production comme un « progrès », une promesse de bonheur, la voie naturelle de l'Humanité. C'est pourquoi certains estiment qu'une majorité d'humains, du simple citoyen au dirigeant, a érigé la croissance économique au rang de « dogme religieux »3,4. De fait, les gains de productivité sont en grande partie réinvestis dans l'appareil de production et non dans la mise à disposition de davantage de temps libre pour les individus.

L'augmentation exponentielle de la production pose le problème de son écoulement. Le système publicitaire constitue un outil de propagande mis en place par les entreprises, destiné à véhiculer auprès des individus l'illusion que les désirs vécus correspondent à des besoins réels. Le productivisme conduit ainsi au développement du consumérisme. Et avec l'essor des nouvelles technologies et l'émergence du travail collaboratif qu'elles rendent possible, les individus des sociétés industrialisées se perçoivent de plus en plus comme des producteurs/consommateurs.

Effets positifs

C'est dans la période de reconstruction de l'Après-Guerre que le productivisme s'est véritablement développé, se concrétisant par une élévation du niveau de vie (confort matériel). La période des Trente Glorieuses alimente aujourd'hui la nostalgie d'une période où le chômage était négligeable.

Effets négatifs

Le productivisme a pour première conséquence la multiplication des déchets de toutes sortes et la grande difficulté à les gérer, en premier lieu les plus nocifs tels que les produits radio-actifs. Durant les années 1970, l'écologie politique, au travers de la prise de conscience de la finitude des ressources naturelles, a teinté négativement le mot « productivisme ». Ce n'est pourtant que de façon marginale que la perspective de l'épuisement des énergies fossiles et la disparition de nombreuses espèces animales ont conduit les humains à remettre en cause le modèle productiviste. Celui-ci reste très majoritairement ancré dans les esprits, le produit intérieur brut (PIB) demeurant le principal critère d'appréciation d'un pays et sa croissance restant l'un des premiers objectifs politiques, alors qu'il ne reflète aucunement le niveau d'éducation des individus ni leur état de santé.

Effets moins perceptibles

Selon Jacques Ellul, le productivisme, et plus généralement la foi dans le progrès technique qui le rend possible, font craindre pour le xxie siècle « l'émergence d'un nouveau type de totalitarisme : le conformisme »5.

Mais c'est une autre histoire...

(Sources Wikipédia / https://fr.wikipedia.org/wiki/Productivisme)

Tag(s) : #Reflexions cadres

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