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Faut-il conserver encore et encore une pseudo démocratie libérale (pour rejeter l'extrème droite) ou amorcer une tentative folle évolutive de changement de nos institutions?

Pour commencer, quelques postulats subjectifs:

- le vote est l'illusion de l'influence donnée en échange d'une perte de liberté (Frank Karsten)

- "Il faut que tout change, pour que rien ne change" (Visconti).

- Le changement, c'est maintenant (le président normal)

- En démocratie, soyons positif mais pas exigeant. L'exigence ne vaut que pour le travail. (C'est pour déconner)

- En tant que producteur/consommateur dans notre société productiviste, tout s'achète. La démocratie aussi.

- "si les élections servaient à quelque chose, il y a longtemps qu'on les aurait interdites" (Renaud)

A deux mois des présidentielles, que font nos élites financières de notre "démocratie"?

La première étape a consisté à placer ses pions. Deux candidats pouvaient soutenir les grands groupes du libéralisme (détenteurs de la presse) mais depuis l'entêtement de Fillon (l'ancien mesuré) et sa chute dans les sondages, les grands groupes financiers et la presse ont choisi leur mentor Macron.

C'est plutôt malin : en plaçant 1 candidat très à droite et 1 Macron soit disant socialiste de gauche au look ravageur, plus mesuré avec Papa Bayrou en appui logistique, on cadenassait les élections. Mais Fillon a trop bu à la source et cela s'est su... merci Médiapart.

La deuxième étape consiste toujours à supprimer dans l'opinion publique tout idée même de changement possible .

Support utilisé: 

- Casser le front national en sortant du chapeau les casseroles juridico-financières 

- Saborder tout espoir à gauche à des moments clé (en opposant Lepenistes et Mélenchonistes) et en sabordant de l'intérieur toute révolte socialiste (Hamon est traité de révolutionnaire), Ignorer Poutou l'anticapitaliste, Nathalie Arthaud la représente des travailleurs...).

Et oui, c'est vilain de vouloir changer l'ordre des choses... s'attaquer à une autre répartition des richesses, envisager la 6ème république. Qui parle de création d'emplois, de salaires, de logements sociaux, de lutte contre la pauvreté? Peu de projets pour beaucoup de discours...

Combien de temps ce système à bout de souffle peut-il tenir? 

 Pour aller plus loin: https://blogs.mediapart.fr/nicolas-dutent/blog/280512/elections-piege-cons-que-reste-t-il-de-la-democratie-par-jean-salem

Comment va la France. Toujours aussi  mal.

Pour illustrer le propos de la reproduction des élites et du système comme le mentionnait Bourdieu, un article de Médiapart sur la dépendance de la presse.

"Et comment se porte l'indépendance de la presse? Mal, très mal même, depuis que des industriels, des hommes d'affaires et des banquiers ont mis la main sur la quasi-totalité des médias français. Si les pouvoirs publics, tant sous François Hollande que sous Nicolas Sarkozy, semblent n'attacher aucune importance à un phénomène dont l'ampleur est pourtant relativement récente (une dizaine d'années), nos collègues européens considèrent généralement avec stupéfaction l'état de la presse française.

L'exemple du "Monde"

Le journal Le Monde va avoir ces jours-ci un nouveau directeur. Proposé par les actionnaires, l'actuel directeur des rédactions Jérôme Fenoglio (qui n'était d'ailleurs pas candidat) va devoir recueillir 60% des suffrages des journalistes pour être confirmé à ce poste de directeur du journal (lire ici et également ici). C'est l'occasion de ce processus de nomination que saisit une ancienne directrice du journal, Natalie Nougayrède, démissionnaire en mai 2014, pour mettre les pieds dans le plat et lancer un débat soigneusement escamoté jusque-là.

Ayant quitté le journal, vivant à l'étranger et travaillant pour le Guardian, Natalie Nougayrède a ainsi retrouvé une certaine liberté de parole pour révéler quelques-unes des arrière-cuisines peu sympathiques du Monde. Car sur le papier, tout est beau et harmonieux. Racheté par le banquier d'affaires Pigasse, l'opérateur de téléphonie Niel et le milliardaire Bergé, Le Monde n'aurait jamais joui d'une telle indépendance, agrémentée de solides moyens financiers. Tous les verrous sont là, à double et triple tour, pour empêcher une quelconque ingérence éditoriale: vote de la rédaction, comité d'éthique, pôle d'indépendance, etc. Les tweets incendiaires de Pierre Bergé contre des journalistes du Monde, ses déclarations vindicatives contre certains de ses choix éditoriaux ne seraient que les manifestations folkloriques d'un vieillard atrabilaire, avide de toujours démontrer sa puissance

Voilà pour la version officielle. Mais dans une longue lettre diffusée auprès de la rédaction du Monde, Natalie Nougayrède montre combien cette indépendance n'est que de papier. En pointant deux problèmes majeurs: la gouvernance du groupe Le Monde, soigneusement brouillée par les actionnaires, pour mieux être en mesure de peser de tout leur poids; l'interventionnisme au sein de la rédaction et les effets de courtisanerie qui fracturent un collectif de journalistes.

Mediapart, qui s'est créé en 2008 justement sur ce constat d'une crise d'indépendance majeure des journaux français, retrouve dans cette lettre bon nombre des alertes que nous n'avons cessé de lancer. Notre profession a généralement tendance à négliger ces enjeux, accablée qu'elle est par la crise et une précarité grandissante.

Le résultat est là:

-  Le Figaro appartient à Dassault; 

- Libération à Patrick Drahi (SFR); 

- Le Monde au trio Niel (Iliade/Free)-Pigasse (Banque Lazare)-Bergé qui détient en plus L'Obs, Télérama, Courrier International, La Vie; 

- Les Echos à Bernard Arnault (LVMH);

- le JDD et Paris Match à Lagardère; 

- Le Point à Pinault;

- et L'Express va être racheté par Patrick Drahi également...

Tout cela pour n'évoquer que la situation de la presse écrite.

«Sans débat ouvert et approfondi sur la gouvernance du Monde, aboutissant à des clarifications, cette indépendance ne pourra être considérée comme acquise ni pérenne», avertit Natalie Nougayrède. Derrière la technicité relative de l'argumentaire se cachent quelques éléments simples. Lors du rachat du Monde en 2010, ses journalistes ont perdu deux postes clés: la présidence du directoire et la fonction de directeur de la publication. Ces deux derniers postes ont été confiés au représentant direct du trio d'actionnaires, le gestionnaire Louis Dreyfus, de fait installé en véritable patron du groupe Le Monde et qui a aussitôt marqué de près son territoire en allant jusqu'à recommander tel ou tel journaliste quand il ne procédait pas directement à leur embauche.

Dès lors, le poste de directeur du Monde était vidé d'une large part de son contenu. C'est «un bouleversement majeur dont les effets auront été durables, car il a conduit à un affaiblissement du poste de directeur du journal», note Natalie Nougayrède. «La solidité du Monde ne sera pas garantie s'il est piloté à vue. Son identité éditoriale ne sera pas indépendante si le volet managérial, en lien direct avec les actionnaires, peut l'emporter sur des considérations rédactionnelles. Chacun sait que ces aspects revêtent une grande importance notamment en raison des activités financières, entrepreneuriales et politiques des actionnaires majoritaires», ajoute-t-elle.

A cette gouvernance, organisée pour affaiblir le directeur-journaliste et déposséder la rédaction, s'ajoutent les effets délétères d'actionnaires jouant volontiers des guerres internes au sein de l'équipe du Monde. «Les contacts sont devenus presque coutumiers entre actionnaires et journalistes. Des journalistes ont été "consultés" directement par des actionnaires sur la vie de la rédaction, quand ils n’ont pas pris d'eux mêmes l'initiative de telles discussions.La courtisanerie ne dupe que ceux qui veulent bien se laisser duper. L'indépendance semble parfois plus aisée à défendre de manière grandiloquente et générale que dans le détail des comportements personnels», écrit l'ancienne directrice du Monde.

Jérôme Fenoglio, journaliste reconnu et apprécié, devrait être sans difficulté confirmé au poste de directeur par le vote de la rédaction. Mais il héritera de cette situation profondément malsaine: celle d'un journal aux mains d'actionnaires – dont on apprend qu'ils n'ont pas tenu leurs engagements financiers – bien décidés à user de toutes leurs prérogatives et à utiliser à plein ce média comme outil d'influence. Ils pourraient aisément démontrer le contraire: en rendant à l'équipe du Monde sa pleine indépendance.

Tag(s) : #Reflexions cadres

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