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«Nous continuerons», a promis hier Cédric Herrou, devenu le symbole de l'aide aux migrants à la frontière franco-italienne et condamné à une amende de 3 000 € avec sursis par le tribunal correctionnel de Nice qui l'a seulement reconnu coupable d'en avoir pris en stop depuis l'Italie.

Mais le tribunal l'a relaxé pour le reste de son action de secours aux migrants dans sa petite ferme bio de Breil-sur-Roya et il a débouté la SNCF dont Cédric Herrou avait forcé une ancienne colonie de vacances désaffectée pour y abriter une soixantaine d'Erythréens en octobre dernier.

Que Cédric Herrou s'inscrive dans une stratégie militante n'empêche pas qu'il bénéficie de la clause humanitaire de 2012 protégeant ceux qui apportent une aide désintéressée, a souligné le tribunal. Le parquet avait a contrario requis huit mois de prison avec sursis Il pourrait faire appel.

Soulignant la détresse physique et morale des migrants affluant à Vintimille et tentant de passer la frontière française coûte que coûte, le tribunal a rappelé qu'»il ne saurait être reproché à quiconque de leur avoir ouvert la porte (…) donné une écoute ou des moyens d'hygiène».

Un message bien reçu dans la petite foule de 200 militants et bénévoles venus malgré la pluie acclamer Cédric Herrou à sa sortie du tribunal.

«On continuera à agir et ce n'est pas sous la menace d'un préfet ni les insultes d'un ou deux politiques que nous arrêterons. Nous continuerons car c'est nécessaire de continuer», a lancé l'agriculteur de 37 ans, devant une nuée d'objectifs.

Fort de très nombreux soutiens, de dons et de l'aide d'avocats, ce Niçois reconverti dans le bio, a harangué la foule. «Nous, concitoyens, levons-nous, prenons possession de la politique de terrain !».

Après s'être improvisé bon samaritain, il rallie désormais de nombreuses associations rodées au combat légal et politique (Médecins du Monde, Amnesty, la Cimade, la Ligue des droits de l'Homme…) et entend passer à l'offensive face aux autorités et aux élus d'une région enracinée à droite.

Le président LR des Alpes-Maritimes Éric Ciotti ne s'y est pas trompé, et a dénoncé hier dans un courrier au ministre de l'Intérieur les «propos scandaleux» de Cédric Herrou qui a évoqué une «course aux Noirs» menée par les policiers dans les Alpes-Maritimes. «Teintés de l'accusation de racisme, ils portent l'opprobre sur l'ensemble des policiers», a fustigé l'élu.

Tag(s) : #Contre-Culture

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