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L’élection de Donald Trump aux États-Unis est un séisme. La première puissance mondiale est dirigée par un milliardaire qui a ouvertement appelé à des violences sexuelles contre les femmes et tenu des propos racistes et homophobes.

Après le Brexit, cette élection démontre le fossé entre le monde du travail et le monde politique, et enfonce un coin dans le « modèle anglo-saxon » : derrière le soi-disant plein emploi, se cachent des millions de travailleurs et de travailleuses pauvres et de radiés des listes du chômage. Déclassement, dévalorisation du travail et désignation de boucs émissaires sont les ingrédients à l’origine de l’élection de dirigeants d’extrême droite.


La prise de conscience qui a suivi la crise de 2008 avait permis de porter plusieurs dirigeants sociaux-démocrates au pouvoir. Mais le renoncement, avant même d’avoir engagé le combat contre la finance, ouvre un boulevard à l’extrême droite qui se présente comme la seule alternative. Nous sommes maintenant prévenus, il y a donc urgence à en tirer les leçons pour empêcher des répliques françaises. Il s’agit de porter de concert les batailles sociales et les questions sociétales, de traiter au même niveau les enjeux de politique industrielle, d’augmentation des salaires et de lutte contre le racisme, le sexisme et les défis environnementaux. Il nous faut aussi, en nous appuyant sur le rejet par les opinions publiques européennes du Ceta et du Tafta, porter des alternatives au libre-échange pour relocaliser la production. C’est enfin l’Europe qu’il faut refonder. L’émergence de régimes autoritaires travaillant main dans la main, aux États-Unis, en Russie et en Turquie, achève le processus de marginalisation et de dislocation entamé avec le discrédit démocratique et social de l’Europe.


En 1929, Antonio Gramsci écrivait depuis sa prison : « Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître et dans ce clair-obscur surgissent les monstres. » Nous sommes dans cet interrègne, et de la mobilisation des forces sociales et intellectuelles dépend le sens du basculement. Le fossé entre les aspirations exprimées notamment lors de la mobilisation contre la loi Travail et le scénario thatchérien annoncé pour 2017 est béant. Pour reprendre la main, il nous faut lutter contre les tendances au repli et aux mises en opposition des salarié-es en portant une Cgt de rassemblement dans laquelle chacune et chacun, cadre ou ouvrier, français ou étranger, trouve sa place. Et ouvrir grand nos portes et nos fenêtres à la jeunesse dont le rôle sera déterminant. C’est le sens de la grande consultation en direction des jeunes portée par l’Ugict, comme des 15 propositions travaillées avec l’Unef et rendues publiques lors des rencontres d’Options du 23 novembre.

 

Sophie Binet
Secrétaire générale adjointe de l’Ugict-Cgt

Tag(s) : #Reflexions cadres

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