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Ecoutez les agents

Depuis fin novembre, plusieurs mouvements sociaux perturbent le bon fonctionnement des écoles à Toulouse. Le bras de fer engagé avec les agents perdure.

Cela fait déjà trois semaines que le fonctionnement de certaines écoles toulousaines est perturbé à cause de mouvements de grève plutôt tenaces chez les atsem. Cantines fermées à l'image de ce qui se passe à l'école maternelle Claude Nougaro (Minimes), Clae (centres de loisirs associés à l'école) qui réclament plus de moyens et au final, des parents d'élèves agacés mais malgré tout «solidaires» du mouvement. Les agents spécialisés des écoles maternelles ou agents techniques et directeurs de Clae, chargés du temps périscolaire (en dehors des cours), réclament depuis fin novembre la prise en compte par la mairie de Toulouse des jours de récupération pour les «750 agents qui ont fait le choix de travailler à temps partiel», assure le syndicat Sud CT31 (collectivités territoriales). Soit, un peu moins de la moitié du personnel des atsem (2 000 personnes).

«La double peine»

Les élections syndicales dans la fonction publique du 4 décembre n'ont pas pour autant calmé l'ardeur des grévistes. Certains ont tenté, hier matin, de s'inviter à la séance du conseil municipal de Toulouse (la porte principale du Capitole est d'ailleurs restée fermée au public). Le motif n'a pas changé et les élus y perdent leur latin. «Pour des nécessités de service, le temps de travail de ces agents est organisé dans un cadre annuel : 37 semaines de travail à temps complet, une période de jours non travaillés générée par le temps partiel et leurs congés annuels, explique Sud CT31 qui n'est pas suivi par les autres syndicats. «C'est une tout autre gestion qui est mise en place avec pour conséquence la spoliation de leur jour de récupération de temps partiel en cas d'absences diverses et variées. Durant la période, ils travaillent à temps complet et ne sont rémunérés qu'à 90 % ou 80 %. Pour ces agents, c'est la double peine».

Hier matin, une délégation a rencontré Henri de Lagoutine, conseiller municipal chargé du personnel territorial. Dans la foulée, les élus toulousains étaient informés du dépôt d'un recours du syndicat Sud auprès du tribunal administratif pour faire annuler la note de service de l'ancienne municipalité de Toulouse (2013) sur la gestion du temps partiel des Atsem. «Nous rencontrons tout le monde et nous espérons y voir un peu plus clair dans ce dossier compliqué. Combien d'agents sont concernés, quels sont les jours fériés qu'ils ne peuvent récupérer ?», s'interroge l'élu. Le 9 décembre, Marion Lalane de Laubadère, adjointe au maire chargée de l'éducation, s'est adressée aux associations de parents d'élèves pour les rassurer : «dans le cas où les repas ne peuvent être servis, les enfants peuvent être accueillis avec un panier-repas préparé par les parents sous réserve d'un encadrement Clae suffisant». Mais à la maternelle Nougaro, ça n'a pas marché.

Le temps périscolaire est plus long

A Toulouse, 28 000 enfants (sur 31 000 élèves) sont inscrits au Clae et 25 000 en restauration scolaire, dont 35 % qui bénéficient de la gratuité. La Ville rose, qui consacre plus de 72 millions d'euros par an sur son budget éducation pour sa masse salariale, a décidé de mettre en œuvre la réforme des rythmes scolaires dès la rentrée de septembre 2013. Elle a ainsi accru son effort en aménageant 936 heures d'accueil périscolaire par an, soit 84 heures supplémentaires par rapport à l'année précédente.

Désormais, le temps d'accueil périscolaire est organisé sur 36 semaines et les enfants sont accueillis tous les jours de 7 h 30 à 8 h 30, de 11 h 30 à 13 h 45 et de 16 heures à 18 h 30, le mercredi de 7 h 30 à 8 h 30 et de 11 h 30 à 13 h 30. Ce temps intègre notamment les ateliers-études mis en place depuis 2011. Selon, le syndicat Sud CT31, les atsem représentent une «catégorie d'agents qui est la plus importante à partir à la retraite pour inaptitude physique liée à la pénibilité de leur travail. Les principaux facteurs de troubles musculo-squelettiques et de risques psychosociaux sont l'usure professionnelle, le changement de rythme répétitif tout au long de la journée dû à une triple casquette».

Tag(s) : #Nos luttes locales

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