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Prendre l'argent aux précaires

C'est une délibération qui fait jaser dans les couloirs de la mairie et de la communauté urbaine. Au mois de juin, dans la torpeur du dernier conseil municipal d'avant-vacances, la nouvelle majorité du Capitole a décidé de supprimer le régime indemnitaire, un complément de salaire, pour les employés non permanents. Comprenez le personnel contractualisé sur des périodes de travail (parfois renouvelables) de moins d'un an... Traduite en jargon administratif, la proposition était ainsi libellée : «Il apparaît nécessaire de préciser les conditions d'attribution du régime indemnitaire telles que prévues par la délibération du 16 décembre 2011 et suivantes afin de mettre en conformité les modalités d'attribution avec nos pratiques, notamment pour le personnel temporaire. Ainsi, eu égard aux périodes d'activité limitées dans le temps et au caractère non pérenne des emplois proposés à ce personnel, il paraît important de préciser que le régime indemnitaire prévu n'est versé qu'au personnel sur poste permanent».

Ces quelques lignes définitives font aujourd'hui grand bruit. Il faut dire que la décision concerne au bas mot un millier d'agents municipaux à la mairie de Toulouse (sur 9 000 salariés), plus 140 personnes dans les services de l'agglomération. Et pour eux, la pilule est amère. Selon les syndicats, le manque à gagner mensuel est d'environ 150 euros pour un cadre C, payé au Smic, au plus bas de l'échelle, 300 euros pour un cadre B et 900 euros, parfois plus, pour un cadre A. «Pour les employés les plus modestes, les plus concernés par la mesure, c'est environ 10 % de leur salaire qui part en fumée», s'indigne Philippe Girard, le représentant Sud au Capitole.

Au début de l'été, une intersyndicale a décidé d'envoyer une lettre ouverte au maire Jean-Luc Moudenc, en tentant un recours gracieux contre cette mesure jugée «inique». Mais rien n'a bougé depuis deux mois et Henri de Lagoutine, l'élu chargé du personnel, n'a pas l'intention de revenir sur la question, au nom du plan drastique d'économies «nécessaires» que la municipalité a engagé depuis son élection. «C'est une mesure qui touche des gens, qui sont déjà dans la précarité salariale», souligne Danielle Mathieu, élue CFDT à la communauté urbaine Toulouse-Métropole, elle ne concerne pas que les étudiants et les contrats d'été, mais tous les contractuels». Si rien ne se passe, le front syndical veut passer à la vitesse supérieure en saisissant le tribunal administratif. Le bras de fer ne fait que commencer.

Tag(s) : #Nos luttes locales

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